Expositions
Krisjanis Kaktins-GorslineNervous Lattice / Treillis Nerveux
19 janvier
- 25 février, 2012
Vernissage: 19 janvier, 2012 18h00
- 20h30
Treillis Nerveux / Texte de Clayton Deutsch
L’ensemble de peintures et dessins exposé est une collection d’observations perverses de la vie intérieure, qui se moque de l’approche psychanalytique en daignant imprégner a posteriori l’objet peint d’une aura non corrélée et subjective – un fantasme bourgeois déguisé en analyse lacanienne.
La nervosité se trouve dans la présentation, la frontalité forcée et morose des compositions dégageant toute l’impassibilité d’une photo d’identité. Pourtant, les formes ne semblent pas « prêtes pour la caméra. » Elles semblent posséder des vies antérieures, arborant jadis des contours tranchés. On se demande si les crimes, les joies, libertés et liaisons illustrés figurent maintenant dans ce qui semble n’être que des arrangements tragiques et avilis.
Il y a ici deux mécanismes à l’œuvre : un brutal mécanisme heideggérien et un mécanisme photographique. Le premier catégorise, sépare et suspend l’objet – des opérations effectuées sous le prétexte de la vérité – et le deuxième représente celle-ci, troquant les vérités d’origines pour rien de plus qu’un système de classification matérielle et sociale. De représenter les sujets en tant qu’objets partiels, scindés en travers de leur axe central, le long de la colonne avec une précision industrielle, c’est d’exagérer l’élément criminel latent, au sein du portrait. Le portraitiste est un voleur de bas étage comparativement au bourreau.
Qu’il pourrait y avoir un aspect criminel à l’art du portrait est une position qui n’a désormais plus la cote, à l’instar des prétentions amnésiques clamant la fin de l’Histoire. Constituant plutôt un désaveu qu’une quelconque résolution, ces pratiques amnésiques visaient à opérer à l’intérieur de la logique de production et des canaux de la culture visuelle afin d’aller au-delà des débats basés sur la pensée des Lumières, au sujet de l’autonomie de la sphère artistique. Quand la figuration libre, qui rejeta la virtuosité et la vraisemblance en faveur de l’imbécillité et la banalité, devint un genre influent par rapport à d’autres formes de production culturelle, elle aura effectivement manqué à sa promesse initiale d’occuper de manière indéfectible une position faible afin de résister à l’amalgame du support bidimensionnel et des modes hégémoniques de production d’images. Les coupes transversales des corps fragmentés de Kaktins-Gorsline, habités par les fantômes des subjectivités qu’ils ne recèlent point, servent de forte réplique au succès bien connu sur le marché du « bad painting » au cours de la dernière décennie, qu’ainsi la production stylistique n’est désormais plus une forme de critique efficace.